ESD : polémique autour de la lettre de Guy Moquet

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ESD : polémique autour de la lettre de Guy Moquet

Messagede lucien pivert » Jeudi 31 Mai 2007 18:00

ce texte fait suite aux différentes tribunes parues dans Libé ces derniers jours


Toute histoire à un contexte. Une réponse à Laurent Joffrin refusée par Libération...



NOTA : Le CVUH a envoyé ce texte à Libération, comme il semblait naturel puisqu'il répondait aux propos de son directeur de rédaction. Mais il a été refusée à la publication. Le sens du débat des pages Rebonds s'arrête donc là où s'exerce le pouvoir de la direction...



La première décision du nouveau Président de la République, - une décision par essence symboliquement forte - de demander à l'ensemble des enseignants d'histoire-géographie de lycées de lire au début de chaque année scolaire la lettre que Guy Môquet écrivit à ses parents avant son exécution le 22 octobre 1941 en représaille à l'assassinat d'un officier allemand interroge la communauté historienne.

Pierre Schill, enseignant d'histoire-géographie et membre du Comité de vigilance face aux Usages publics de l'histoire (CVUH) dans un récent article (Libération du 22 mai) a expliqué clairement pourquoi il ne se plierait pas à cette décision du pouvoir : en premier lieu pour défendre l'autonomie de l'histoire comme discours savant, instrumentalisée aujourd'hui par ce même pouvoir, et ensuite, pour défendre l'autonomie pédagogique du métier d'enseignant. Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération, répondant à l'article de Pierre Schill ( Libération du 24/5), estime au contraire que la décision du Président de la République repose sur sa légitimité démocratique. On sait pourtant combien, depuis quelques mois, Nicolas Sarkozy a usé et abusé d'un recours systématique à l'histoire, amalgamant et compilant des références hétéroclites, en en détournant souvent le sens pour aboutir, in fine, à une négation de l'histoire comme discours rationnel et raisonné. On voit ici comment la faiblesse historique du discours a pu devenir la condition de son efficacité politique. Personne parmi les auteurs de ce texte ne conteste une quelconque légitimité démocratique au nouveau Président de la République ; mais peut-on sérieusement analyser comme un geste de "tolérance" ainsi que l'écrit Laurent Joffrin (un peu gêné néanmoins lorsqu'il avoue qu'on ne peut exclure d'y voir un "calcul politique") le fait de choisir une figure emblématique de la Résistance communiste ; en jouant sur l'émotion contenue dans la lettre ? Alors que les historiens s'efforcent de montrer qu'histoire et mémoire sont deux modes de rapport au passé différents même si l'un est aussi légitime que l'autre ; Laurent Joffrin appelle de nouveau à ce mélange, source de confusion et d'incompréhensions comme l'ont montré à l'envi de nombreux débats récents.

Laurence Pierrepont y a insisté ailleurs (L'Humanité du 24 mai) : la mobilisation des affects paraît difficilement compatible avec un raisonnement intellectuel. Ce n'est pas en jouant sur la corde sensible et larmoyante que l'on transmet l'histoire : comme l'écrivait Marc Bloch : "Un mot pour tout dire domine et illumine nos études : comprendre" ; faire comprendre la Shoah ce n'est pas simplement dénoncer l'étendue du malheur, mais à l'instar de Raoul Hilberg, démonter des mécanismes, analyser des centres de décisions, comprendre le fonctionnement d'une administration. Il en va de même pour la Résistance ou pour Guy Môquet. Les professeurs de lycée enseignent l'histoire de la résistance depuis fort longtemps. Les lettres de fusillés figurent parmi les documents les plus exploités ; mais, comme toutes les sources historiques, elles appellent préalablement la mise en place d'un cadre d'intelligibilité. Il ne s'agit certes pas de déshumaniser le drame dont cette lettre témoigne et qui par l'émotion qu'elle porte donne chair à l'histoire, mais de mettre en garde contre la dérationalisation de l'histoire en germe dans la décision de Nicolas Sarkozy. Or ce dernier aurait-il en tête d'exalter la mémoire communiste de la Résistance ne serait-ce que pour la dissoudre dans la geste du Récit national ? A l'évidence non. Pourtant, les enseignants qui, à la rentrée prochaine liront la lettre de Guy Môquet, pourront-ils taire dans leurs explications que l'engagement dans la Résistance de ce dernier procède en ligne directe de son engagement communiste ? Rappelons simplement que son père, député communiste élu sous le Front Populaire en 1936 (que Nicolas Sarkozy a tant évoqué pendant sa campagne) est interné en Algérie depuis 1939, que le jeune Guy, déjà militant des Jeunesses Communistes, redouble d'activité après la débâcle et déploie une grande énergie pour combattre par la propagande clandestine l'occupant nazi et l'Etat français de Vichy. La lettre que Guy Môquet adresse à sa famille est tant un appel à ceux qui resteront pour poursuivre la lutte contre l'oppression, qu'un moment fort d'un amour filial dans lequel se donne à lire la reconnaissance d'un fils militant communiste pour un père et une mère militants communistes. Guy Môquet "résistant" n'a aucun sens si l'on ne précise "résistant communiste". Il ne s'agit ni de défendre la mémoire ni l'histoire d'un Parti communiste, émergeant à peine d'une période sombre, mais de redire encore une fois combien cette patrimonialisation du passé est aussi un obstacle à sa compréhension.

L'abus de décontextualisations risque bien de se transformer aujourd'hui en une politique et un mode de gouvernement. Le danger d'une histoire officielle n'est peut-être pas aussi éloigné de nous qu'on pourrait le penser. Rappelons que c'est la loi du 23 février 2005 qui, dans son article 4, a tenté pour la première fois d'imposer dans l'enseignement de l'histoire une version officielle à propos des "aspects positifs de la colonisation". Quoi qu'en pense Laurent Joffrin, même si l'assemblée nationale pouvait à l'époque comme aujourd'hui se prévaloir de la "souveraineté populaire", sa décision s'est néanmoins heurtée à ce qui est au fondement de l'idée démocratique : qu'il n'y a pas de vérité officielle et unique, que le combat politique, que la controverse intellectuelle sont l'expression de la pluralité démocratique.

La fonction nationaliste de l'histoire n'est pas une nouveauté : elle est aussi ancienne que la République. Mais laissons le dernier mot à Lucien Febvre, cofondateur des Annales avec un Marc Bloch que Nicolas Sarkozy se plaît tant à citer. Peu de temps après sa prise de fonction à l'Université de Strasbourg en 1919 qui, dans la grande fièvre nationaliste de l'après-guerre, devait devenir la vitrine de la science française face à l'Allemagne vaincue, il écrivait en juin 1920 :

« Une histoire qui sert est une histoire serve. Professeur de l'université française de Strasbourg, nous ne sommes point des missionnaires débottés d'un Evangile national officiel, si beau, si grand, si bien intentionné qu'il puisse paraître. La vérité nous ne l'amenons pas dans nos bagages. Nous la cherchons, nous la chercherons jusqu'à notre dernier jour. Nous dresserons à la recherche après nous, avec la même inquiétude sacrée, ceux qui viendront se mettre à notre école ».



Thomas Loué (maître de conférences à l'IUFM d'Alsace), Michèle Riot-Sarcey (professeur à l'Université Paris-VIII), Gérard Noiriel (directeur d'études à l'EHESS), Nicolas Offenstadt (Maître de conférences à l'Université Paris-I), Laurence Pierrepont (professeur d'histoire-géographie/IUFM de Versailles), Pierre Schill (professeur d'histoire-géographie à Montpellier),

Pour le Comité de Vigilance face aux Usages publics de l'histoire (cvuh.free.fr).
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Appel de résistants 2004

Messagede lucien pivert » Vendredi 1 Juin 2007 19:02

Dans la même veine un texte refusé par les grands médias

Un appel de résistants en 2004, plus que jamais d'actualité...

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l’héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et sœurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n’a pas totalement disparu et notre colère contre l’injustice est toujours intacte.

Nous appelons, en conscience, à célébrer l’actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d’accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s’éteigne jamais :

Nous appelons d’abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l’anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des « féodalités économiques », droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd’hui de l’argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l’Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l’ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l’actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau « Programme de Résistance » pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l’intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales.

Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous.


Nous n’acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : « Créer, c’est résister. Résister, c’est créer ».

Signataires :
Lucie Aubrac (décédée le 14 mars 2007), Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont (décédé le 2 août 2006), Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.
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Re: Appel de résistants 2004

Messagede Dolcino » Vendredi 1 Juin 2007 19:33

lucien pivert a écrit:Signataires :
Lucie Aubrac (décédée le 14 mars 2007), Raymond Aubrac, Henri Bartoli, Daniel Cordier, Philippe Dechartre, Georges Guingouin (décédé le 27 octobre 2005), Stéphane Hessel, Maurice Kriegel-Valrimont (décédé le 2 août 2006), Lise London, Georges Séguy, Germaine Tillion, Jean-Pierre Vernant, Maurice Voutey.


Jean-Pierre Vernant : décédé le 9 janvier 2007 :|
Germaine Tillon a fêté ses 100 le 30 mai dernier. Bon anniversaire Germaine :D
Dolcino hérétique : plusieurs fois admissibles depuis 2005 au CAPES, PLP et CPE. Ratatiné à la bataille de Châlons, de La Rochelle et de Paris mais vainqueur en 2008 à la "bataille de Poitiers". PLP Lettres-Histoire dans l'académie de Créteil depuis la rentrée 2009 (Bref en Sibérie pour les gens du Sud) (lol) .....
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Messagede judith » Samedi 2 Juin 2007 19:29

De toute évidence, notre nouveau président de la République n'a pas conscience du tout de ce qu'est le métier de professeur d' histoire-géographie et d'éducation civique ;
Ce n'est pas faire apprendre à des élèves un texte en écrasant une petite larme pour mieux leur inculquer les valeurs fondamentales de notre société sans leur offrir le recul nécessaire.
Au contraire, une des missions du professeur est selon moi et aussi selon les programmes et accompagnements, de former l'esprit critique et de bien mettre en évidence la relativité dans le temps et dans l'espace des sociétés humaines, de leurs valeurs, de leurs pratiques sociales. C'est à cela que sert l'analyse préliminaire d'un texte (auteur, date, contexte...).
Pourquoi pas chanter la Marseillaise avant d'entrer en cours au nom des valeurs de la République ou une prière au petit Jésus sous prétexte que la chrétienté a une grande part dans la formation de nos sociétés européennes contemporaines , pendant qu'on y est ?
En tout cas, s'il voit tout ça (rien n'est moins sûr), j'espère que Guy Môquet a le sens de l'humour, car c'est la meilleure blague de l'année, cette histoire de lettre à lire à la rentrée.
Nicolas Sarkozy flirt dangereusement sur l'histoire ; de son pseudo-constat de concurrence des mémoires, il tire une soit-disant nécessaire fin de la repentance...
Il nous fait le coup de la petite larme pour Guy Môquet...
Ca promet ...
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Messagede Dolcino » Samedi 2 Juin 2007 20:02

judith a écrit:Pourquoi pas chanter la Marseillaise avant d'entrer en cours au nom des valeurs de la République ou une prière au petit Jésus sous prétexte que la chrétienté a une grande part dans la formation de nos sociétés européennes contemporaines , pendant qu'on y est ?...



Quelle bonne idée :D

Je n'y avait pas pensé. En 1980, le candidat républicain Ronald Reagan (hélas élu) se battait pour rendre la prière obligatoire avant chaque cours. On pourrait faire comme en Chine (ou dans certaines écoles des Etats-Unis) une lever du drapeau tous les jours où tous les élèves chanteraient l'hymne national la main sur le coeur :).
On pourrait faire comme en Corée du Nord où les élèves chante à la gloire du vénéré président Kim in Sung junior (un grand cinéphile paraît-il mais j'ignore s'il la collection complète des films joués par Christian Clavier et Jean Reno :lol: ).
Au point où on en est :?

On a de la chance qu'on est en histoire-géo. Imaginez qu'en Français il décide que les oeuvres complètes de Guy Montanier, Didier Barbelivain, Doc Genico et de Steeve soient au programme du bac :shock:
J'imagine la folle ambiance et la grande joie de nos confrères en lettres :lol:
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Messagede judith » Lundi 4 Juin 2007 14:22

mmh :?
je sens que les jury vont nous pondre des bons petits sujets du genre "histoire et mémoire sont sur un bateau, histoire tombe à l'eau, qui reste-t-il ?"
pour le tuyau, la réponse est : "sarko!" :lol: :D :) :? :| :( :cry:
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Guy moquet

Messagede Mlle Emilie » Dimanche 2 Septembre 2007 17:16

ce mois-ci dans la revue l'Histoire,il y a un débat sur ce sujet et je le trouve très intèressant
A vs de voir :D :wink:
Qui ne tente rien n'a rien ;)
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Messagede mandarinecerise » Dimanche 2 Septembre 2007 17:19

oui, l'article est de pierre Azéma, la fameuse lettre est présente dans les documents de l'article. De plus, c'est dans ce même numéro que se trouve l'article de Mossé sur l'économie grecque.
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Messagede ludivine02 » Lundi 3 Septembre 2007 19:37

merci pour le tuyau judith ! :038: :026:
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Messagede salamander » Lundi 3 Septembre 2007 20:01

merci pour l'info
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Enseignement de l'histoire France Culture

Messagede Audrey B » Mardi 4 Septembre 2007 08:21

La polémique autour de Guy Moquet a donné envie a France Culture de se pencher sur les problématiques de l'enseignement de l'histoire au collège et au lycée.

Cette semaine ( 3 septembre - 7 septembre 2007 ) la fabrique de l'histoire ( émission entre 9h et 10 h ) fait donc un peu le point sur la question. Pour ceux qui ne seraient pas dispo, on peut la podcaster facilement.

Voilà le lien :

http://www.radiofrance.fr/chaines/franc ... briquenew/

Je pense que ça peut être pas mal pour l'ESD ...
Audrey B
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Messagede santino » Mardi 4 Septembre 2007 10:13

Merci pour le lien, Audrey.

Pour l'article dans l'histoire, je l'ai trouvé vraiment très intéressant, pour 2 raisons, effectivement : 1/ utile pour l'ESD car donne du grain à moudre sur la question des liens etre histoire et mémoire.
2/ un récapitulatif succinct mais efficace de l'histoire de Guy Moquet et du rôle des résistants communistes. Toujours bon à prendre, et en plus çà détend.
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Messagede Melusine128 » Mardi 4 Septembre 2007 11:40

Et si on nous demande a l'oral ce que nous ferions avec cette lettre, que repondre?

Etre franc et dire que si ca n'est pas contextuel et pas le moment on ne le fera pas ou preferer affirmer quelque chose contre notre conviction ?
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Messagede lucien pivert » Mardi 4 Septembre 2007 13:37

sur cette question mieux vaut être franc. par ailleurs les membres du jury sont aussi des enseignants des universitaires etc... et ne sont pas des adeptes de ce genre de mise au pas de l'Histoire par les politiques.
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Messagede marion » Mardi 4 Septembre 2007 13:56

Melusine128 a écrit:Et si on nous demande a l'oral ce que nous ferions avec cette lettre, que repondre?

Etre franc et dire que si ca n'est pas contextuel et pas le moment on ne le fera pas ou preferer affirmer quelque chose contre notre conviction ?


a mon avis, ce serait une grosse erreur!!! Un prof à l'obligation d'appliquer les directives, il n'est pas sensé s'en dédouaner (ce qui ne l'êmpêche pas de penser ce qu'il veut par ailleurs).
Ex.: l'education à l'enseignement du dév. durable (EEDD) est maintenant obligatoire, pourtant il y aurait beaucoup à redire sur tout ça, notamment sur les lobbys et autres groupes de pressions qui noyautent tout ça, ça n'empêche pas de le faire en introduisant un esprit critique, en montrant aux élèves que ce n'est pars parce que ça "prend" par le bon côté des sentiments qu'il faut être aveuglé, que ONG n'est pas forcement égal à "gentil qui veut sauver le monde par désinteret"...je conseil à ce sujet le H&G spécial dév. durable et les articles de S. Brunel (qui sait de quoi elle parle) dans différentes revues de géo.

En gros, si on te pose la question sur ce que tu vas faire de cette lettre, tu ne reflechis même pas et tu réponds "je vais la lire bien sûr", sauf si tu ne tiens pas à ton concours! :P
Rien n'empêche de lire cette lettre et de la contextualiser parfaitement (l'article de l'Histoire est très bien fait pour ça, entre autre) donc de lui donner tout son sens, au contraire, ce serait un crime de la part d'un prof d'hist-géo de ne pas le faire!!
Personne n'oblige le prof à écraser une petite larme en lisant le texte puis se taire!!! Rien ne vous empêche de revenir dessus en ECJS autour d'un débat sur l'engagement, la citoyenneté et que sais-je encore...
Qui empêche de travailler avec la prof de Français autour d'Aragon et de ses "Martyrs" ou de "la Diane Française" pour encore mieux contextualiser tout ça?!

Sur un plan plus politique (et donc polémique) il n'est pas utile de caricaturer, la demande de cette lecture ouvre un débat et c'est tant mieux, les avis sont partagés qq soient les "couleurs" politiques et c'est tant mieux, par contre mettre sur un même plan cette lecture et "des prières pour le petit Jésus" est juste polémique et sans grand interêt pour le débat, puisque la question ne se pose pas et que ce sont deux choses qui n'ont rien à voir, ni dans l'idée, ni dans la forme!
Après que lon soit d'accord ou pas avec cette demande, c'est une autre histoire...mais qui ne necessite pas cette crispation bien souvent plus partisane qu'interiorisée.
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Messagede lucien pivert » Mardi 4 Septembre 2007 14:49

evidemment d'accord sur la contextualisation etc...

Mais si j'ai bien compris il s'agit de lire cette lettre dans tous les établissements scolaires à la même date (22 octobre jour ou moquet a été fusillé) et à l'ensemble des élèves. Bon courage pour contextualiser avec des élèves pour qui la seconde guerre mondiale n'est même pas au programme. Et chapeau pour celles et ceux qui auront déjà traité de ce thème le 22 octobre avec leurs élèves de 3è.

Concernant la question possible en ESD ma réponse était un peu lapidaire. Cela dit il me semble important de montrer au jury notre sens critique. Par ailleurs directive ou pas il ne faut pas oublier que dans les textes officels est inscrit le principe de la liberté pédagogique des enseignants (dans le cadre des programmes)
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Messagede marion » Mardi 4 Septembre 2007 15:20

lucien pivert a écrit:evidemment d'accord sur la contextualisation etc...

Mais si j'ai bien compris il s'agit de lire cette lettre dans tous les établissements scolaires à la même date (22 octobre jour ou moquet a été fusillé) et à l'ensemble des élèves. Bon courage pour contextualiser avec des élèves pour qui la seconde guerre mondiale n'est même pas au programme. Et chapeau pour celles et ceux qui auront déjà traité de ce thème le 22 octobre avec leurs élèves de 3è.


bien sûr, je ne dis pas que ça ne pose pas de pb, mais si cette date est maintenue, on peu peut-être demander aux élèves un petit travail en amont (en fonction du niveau) sur la question. On peut le travailler en ECJS avant ou juste après, et peut-être en lien avec les profs de français.
Evidemment, il serait plus simple que chacun choisisse sa date, cela dit, je crois qu'on peut contextualiser simplement (encore une fois en s'adaptant au niveau) en 5-10 minutes avant la lecture de la lettre et revenir plus dessus au moment où le programme s'y prête.
Je crois aussi que les inévitables "couacs" de cette année (si la date est maintenue) feront en sorte que les choses soient repensées pour l'année prochaine avec plus de flexibilité.


Concernant la question possible en ESD ma réponse était un peu lapidaire. Cela dit il me semble important de montrer au jury notre sens critique. Par ailleurs directive ou pas il ne faut pas oublier que dans les textes officels est inscrit le principe de la liberté pédagogique des enseignants (dans le cadre des programmes)


entièrement d'accord avec toi, je répondais au post précédent, je ne crois pas qu'il faille dire au jury qu'on ne lira pas cette lettre, mais en effet rien n'empêche de se montrer critique, à condition de bien argumenter sa reflexion et que ça ne sonne pas "parti pris politique" pour ou contre qq'un. Je crois comme toi qu'une critique bien argumentée, montrant une longue et profonde reflexion sur le sujet peut-être éventuellement payant, mais peut tout aussi être "casse-gueule".

Pour ce qui est de la liberté pédagogique je ne crois pas que cela veuille dire prendre de la liberté par rapport aux directives ou circulaires, mais je me trompe peut-être.
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Messagede Bonaparte » Mardi 4 Septembre 2007 17:24

les membres du jury sont aussi des enseignants des universitaires etc... et ne sont pas des adeptes de ce genre de mise au pas de l'Histoire par les politiques.


Il ne faut pas oublier que ce sujet fait débat au sein de la communauté des historiens.

Si le CVUH a contesté cette initiative, le comité Liberté pour l'Histoire est loin d'être si unanime et préconise une lecture contextualisée de ce texte.

A l'IUFM de Paris, on nous a conseillé , l'année dernière , de ne pas s'opposer frontalement à cette directive car il ne faut pas oublier que le CAPES est un concours de la fonction publique et que par conséquent la liberté pédagogique ne peut pas être totale.
Aprés 5 tentatives, CAPES cuvée 2007 comme quoi "impossible n'est pas français"
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Messagede lucien pivert » Mardi 4 Septembre 2007 23:27

ci après le lien vers un petit texte interressant de Laurence De Cock-Pierrepont, pour le CVUH (Comité de Vigilance face aux usages publics de l'histoire).

http://cvuh.free.fr/spip.php?article94
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Messagede marion » Mercredi 5 Septembre 2007 16:41

lucien pivert a écrit:ci après le lien vers un petit texte interressant de Laurence De Cock-Pierrepont, pour le CVUH


Les textes sur ce sujet du CVUH sont tous trempés dans la même encre, on en a lu un on les a tous lus, ou quasiment, à la longue c'est lassant! ça ressemble de plus en plus à des "manifestes" politiques (plus précisemment anti-Sarko) qu'autre chose.

Je trouve un peu surfait de critiquer sans cesse l'usage que fait Sarko des "grands moments historiques" (au début du texte) lui repprochant de ne pas les contextualiser. Ce sont des discours politiques, ce n'est pas l'aboutissement d'un travail d'historien, ce qu'il n'est pas, il ne s'est jamais revendiqué comme tel d'ailleurs. Les disours politiques, quel que soit le "bord", sont rarement (pour ne pas dire jamais) contextualisés par les ténors des partis; c'est un peu la loi du genre, on va à l'essentiel, on force le trait pour qu'au bout du compte ce soit une impression générale qui reste. Sarko veut donc donner l'impression générale qu'il aime son pays et qu'il veut s'inscrire (ou voudrait qu'on l'inscrive) dans la lignée des personnalités ayant eu de grandes ambitions pour la France et pour ça, il mets en oeuvre une politique had hoc. Alors, bien sûr qu'il faut en parler, en débattre, mais simplement tirer à boulets rouge n'est pas forcement le plus productif et ne pas perdre de vue que la communauté des historiens est très loin d'être unanime contre cette décision.

Bien sûr qu'il faut être vigilant, bien sûr que l'histoire doit être contextualisée quand elle est enseignée, cela dit Sarko n'a pas dicté aux historiens la façon dont ils doivent écrire l'histoire, il demande de rendre un hommage et là il est dans son rôle même si on peut discuter de la méthode à l'infini, je crois plus utile de se demander comment appliquer cette directive au mieux et le plus intelligemment pour contextualiser cette lettre. J'aurai préféré que le CVUH donne qq indications en ce sens plutôt qu'un texte dans l'exacte veine du précédent.
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Messagede Bonaparte » Mercredi 5 Septembre 2007 20:15

Je me permets d'indiquer dans ce topic le lien de l'entretien de Pierre Milza dans la Fabrique de l'Histoire sur France Culture au cours duquel il réagit en des termes mesurés aux initiatives de Sarkozy, se démarquant du CVUH:

http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/fabriquenew/fiche.php?diffusion_id=55389
Aprés 5 tentatives, CAPES cuvée 2007 comme quoi "impossible n'est pas français"
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Messagede Jérôme » Samedi 8 Septembre 2007 10:50

Du Guy Môquet à toutes les sauces, j'hallucine... :roll:

[align=justify]Après la défaite contre les Pumas argentins, la polémique
Le Monde, le 08/09/2007

Quelques heures après la défaite du XV de France face aux Pumas argentins (12-17), lors du match d'ouverture de la Coupe du monde de rugby a polémique se devait de surgir.

Le consultant de l'Equipe, Laurent Benezch tire le premier. Pour lui, il y a eu une " énorme erreur de gestion de la pression pendant les 12 heures qui ont précédé la rencontre " Plus loin, il explique que les dirigeants de l'équipe voulaient " que les joueurs soient émotionnellement au top au coup d'envoi et au contraire, ils se sont retrouvés complètement vidés."

LECTURE DE LA LETTRE DE GUY MOQUET

" Le problème est que l'encadrement a voulu en rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moquet. Ce qui a créé un surplus d'émotion, les joueurs avaient les larmes aux yeux. Le match était quasiment cinq heures après. " Autre point discutable, selon l'ancien pilier international : " Il y a eu aussi la remise des maillots aux huit joueurs qui étaient dans les tribunes, cette cassure, donc, dans le groupe des trente, deuxième pic émotionnel. " Cette série d'erreur expliquerait que les joueurs français aient abordé le match dans des conditions peu favorables.
Reste à aborder les autres matches :" Il y a eu une faillite collective contre les Argentins. On ne va pas tout casser contre l'Irlande, ce serait une erreur énorme. (...). Il va quand même y avoir des possibilités de se tester face à la Namibie et bien sûr à certains joueurs de se montrer avant le grand choc de l'Irlande."[/align]
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Messagede marion » Samedi 8 Septembre 2007 16:40

Jérôme a écrit:" Le problème est que l'encadrement a voulu en rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moquet. Ce qui a créé un surplus d'émotion, les joueurs avaient les larmes aux yeux.


:shock: :shock: bon alors là, c'est grotesque!!! :roll:
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Messagede historien31 » Samedi 8 Septembre 2007 16:57

Euh... Quelqu'un peut m'expliquer l'intérêt de lire cette lettre à ce moment-là ? Parce que là je pige pas trop... :roll:
(déjà que je trouve débile que Sarko oblige quasiment les profs d'histoire à lire cette lettre à chaque début année... Mercre, après tout, les profs d'histoire sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire ! C'est pas la première ni la dernière lettre qu'ils font étudier à leurs élèves ! Y'a un temps pour tout ! Enfin bref, je vais pas polémiquer... Mais je pense qu'il y a des trucs plus urgents à régler politiquement/économiquement/socialement parlant, plutôt que de décréter la lecture d'une lettre... M'enfin bref :roll: )
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Messagede Dolcino » Samedi 8 Septembre 2007 17:22

marion a écrit:
Jérôme a écrit:" Le problème est que l'encadrement a voulu en rajouter et a fait lire au groupe la lettre de Guy Moquet. Ce qui a créé un surplus d'émotion, les joueurs avaient les larmes aux yeux.


:shock: :shock: bon alors là, c'est grotesque!!! :roll:


OK j'ai tout pigé
- si l'OM a perdu contre Nice c'est la faute à Guy Moquet
- si la bourse dégringole c'est la faute à Guy Moquet
- si le climat se dérègle c'est la faute à Guy Moquet
- si je me suis planté au CAPES c'est la faute à Guy Moquet
:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

- et si Sarko est élu président c'est la faute à Guy Moquet :twisted:
Dolcino hérétique : plusieurs fois admissibles depuis 2005 au CAPES, PLP et CPE. Ratatiné à la bataille de Châlons, de La Rochelle et de Paris mais vainqueur en 2008 à la "bataille de Poitiers". PLP Lettres-Histoire dans l'académie de Créteil depuis la rentrée 2009 (Bref en Sibérie pour les gens du Sud) (lol) .....
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