Aux armes, géographes !

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Aux armes, géographes !

Messagede Metaldeth » Jeudi 25 Septembre 2008 10:10

Coup de gueule de Sylvie Brunel sur la place de la géographie : http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1385

De qui se moque-t-on ? Savez-vous que le latin - vous avez bien lu, le latin ! - est désormais obligatoire à l’entrée des Ecoles normales supérieures, non seulement celle de Paris, mais - et c’est nouveau - celle de « Lettres et Sciences humaines » de Lyon, alors que la géographie, elle, figure en option ! De qui se moque-t-on à l’heure de la mondialisation, du rôle croissant des pays émergents et, désormais, bien émergés pour la plupart d’entre eux ? Le lobby des professeurs de latin semble être autrement plus efficace que celui des professeurs de géographie. Une langue « morte » depuis deux mille ans, centrée sur le bassin méditerranéen et lui seul, continue de régner en maître, alors que nos khâgneux ne connaissent pas la marche du monde.

D’ailleurs, tous les khâgneux de Louis-le-Grand, tous sauf un, qui se sont présentés à l’examen d’entrée de Sciences Po Paris (IEP) se sont fait coller... Parce qu’ils ne connaissaient rien aux grands sujets d’actualité ? Ou parce que le jury d’entrée à Sciences Po était trop heureux de coller les têtes d’oeuf des prépas littéraires ? Certes, on peut imaginer qu’en procédant ainsi, la grenouille Sciences Po compte se faire plus grosse que le boeuf de la rue d’Ulm. Eliminer des étudiants qui comptent parmi les personnes les plus cultivées en France aujourd’hui permet d’accréditer l’illusion que Sciences Po est toujours une école de haut niveau. Pourtant, ceux qui ont réussi le concours et suivent le cursus la qualifient très vite, entre eux, de « Sciences Pipeau » : frime, image de marque, réseaux et personnalités à gogo, mais dessous, le vide abyssal. Ils se taisent pour ne pas tuer leur propre diplôme, mais il y a longtemps que le roi est nu : depuis la fameuse réforme de l’IEP qui, au nom de sa toute aussi fameuse ouverture internationale, a fait entrer en masse de nombreux étudiants non francophones, le corps enseignant est poussé à dispenser un enseignement obéissant à la règle du PPDC (plus petit dénominateur commun signifiant en l’espèce Prose Primaire Déchiffrable par le Chinois). D’autant que ces mêmes étudiants évaluent leurs enseignants en remplissant un formulaire anonyme qui est un modèle de fiche-produit consommateur. Ce qui offre une prime parfaite à la démagogie et aux notes surévaluées : mettre une mauvaise note, exiger un certain niveau vous vaut d’être qualifié de « méchant » (comme en maternelle) dans les évaluations de fin d’année. Règne désormais la culture du power point basique accessible sur le net.

Bref, la géographie se meurt. A l’Ecole de la rue d’Ulm, la bibliothèque, dont les cotes n’ont pas été modifiées depuis 1815, regroupe toujours la géographie sous la dénomination "HV". Que signifie HV ? Je vous le donne en mille : Histoire des Voyages... L’histoire contemporaine, elle, est classée à ER (Empire et restauration, devenu depuis "Empire et république"... Guère mieux. Dire de la géographie qu’elle est l’histoire des voyages, c’est la résumer à un passe temps ludique pour touristes en goguette, qui se délectent des belles images de Géo. C’est accréditer l’abus de ces visions lointaines, statiques et distanciées dont raffolent nos grands photographes héliportés, le spectacle d’un monde vitrifié où les hommes font office, au mieux, de figurants, le plus souvent de parasites nuisibles et indésirables. Recycle, pédale, tais toi, ou bien disparais !

Comment peut-on penser que la planète puisse exister indépendamment de l’humanité et faire l’impasse sur la géographie, au moment où tant d’absurdités sont proférées au nom du changement climatique et de la biodiversité ?

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Re: Aux armes, géographes !

Messagede elisa » Jeudi 25 Septembre 2008 10:56

Et ne parlons pas de la proposition d'intégrer la géographie dans le rayon "géosciences" en module optionnel dans les projets de réforme du lycée... J'espère en effet que les géographes vont réagir, car cela remet en cause toute l'évolution de la discipline... et même la bivalence actuelle exigée au CAPES... Au fait, c'est quoi déjà son domaine de recherche, à Claude Allègre ?...
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede argonaute » Jeudi 25 Septembre 2008 20:44

J'adore!
Pas tellement pour la géographie, car j'estime présomptueux d'avancer que seule cette discipline permet de comprendre "la marche du monde".
Mais j'aime le coup de gueule : critiquer l'ENS, LLG, SP, le latin, ce n'est pas courant à Paris.
Et ce qu'elle dit de Sciences Po depuis la réforme (le passage à une scolarité en 4 ans pour un niveau "master"; où l'on retrouve bien la présomption très SP de proposer un diplôme bac+x en (x-1) années), je le pensais depuis 1999, ma 4e et dernière année dans un IEP provincial.
"La géographie se meurt!" Mais que je sache elle n'a jamais fait montre d'une santé vigoureuse! Expliquer "la marche du monde", l'histoire, la sociologie, les relations internationales, les climatologues, les experts en forages pétroliers, les spécialistes d'économie boursière, les démographes et j'en passe le font tout autant.
Pour comprendre "la marche du monde", que font les Pipos comme les Normaliens que je connais? Ils lisent Le Monde et écoutent France Culture; nul besoin donc d'entrer dans des écoles prestigieuses pour cela.
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede seb42 » Jeudi 2 Octobre 2008 20:16

Pour rappel historique, quand Lucien Gallois instaure le commentaire de carte dès 1893, il permet aux étudiants de fac de lettres d'être dispensés de l'épreuve de latin obligatoire.
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede lalouly » Lundi 6 Octobre 2008 11:12

argonaute a écrit: Expliquer "la marche du monde", l'histoire, la sociologie, les relations internationales, les climatologues, les experts en forages pétroliers, les spécialistes d'économie boursière, les démographes et j'en passe le font tout autant.


Avec ton message, on pourrait faire un débat sur la géographie, mais là je pense que ça risque de finir mal. De toute façon, on est en minorité ici comme partout ailleurs, c'est bien le problème de la géo....
Mais juste pour info Argonaute,la géo, c'est ce que tu as cité plus haut analysé dans son ensemble : parce que tu vois faire de la climato, ou de l'économie ou encore de la démographie sans mettre en interaction ces différentes sciences et bien non, ce n'est pas comprendre la marche du monde mais simplement un aspect de celui-ci. Un bon géographe, c'est quelqu'un qui est capable de faire l'ensemble des ces sciences et de les voir dans leurs interactions. Alors oui, on n'est spécialiste de rien, mais des généralistes et du coup c'est pas facile de s'imposer....Mais je suis d'accord avec Sylvie Brunel (pour une fois) la géo est la science qui permet de comprendre le mieux la marche du monde (sous entendu dans tous ces aspects...)
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede seb42 » Lundi 6 Octobre 2008 20:33

La réponse de Philippe Piercy, toujours sur les cafés géo: http://www.cafe-geo.net/article.php3?id_article=1391

Juste cause et erreur de tir ? Une réponse à Sylvie Brunel
Philippe Piercy est Professeur de Géographie en CPGE, Lycée Jean-Pierre Vernant (Sèvres).
Ce texte constitue une réponse à la tribune de Sylvie Brunel, Aux armes géographes ! publiée sur le site des Cafés géographiques.

Quelques mots en réponse à notre (autre !) Cassandre.

Sous-titres :
Façon vacharde : « Quand l’humanitaire passe à la lutte armée ».
Façon pédante : « Géographes encore un effort pour être révolutionnaire (Sade géographe) »
Façon cuistre : « Mon Dieu gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge (Gondi, Cardinal de Retz) »
Façon latine : « Nihil novus sub specie aeternitatis ».
Façon sagace : « Où il est démontré que l’enfer est pavé de bonnes intentions ».
Façon Coluche : « Pas sionaria mais presque ! »

Sylvie Brunel est en guerre et appelle aux armes nos bataillons ! Son texte circule et déclenche des réactions de saine mobilisation (enfin des paroles fortes !), chez des collègues, des étudiants. Au risque de jouer les pisse-vinaigre devant le bel enthousiasme et d’être accusé de saboter le moral des troupes avant le combat décisif, quelques remarques :

Passons sur sa vision de la rue d’Ulm ; les mourrants de là-bas se retourneront dans leur tombe, mais tout de même ! Dieu merci, à ma connaissance, des géographes y travaillent, et y travaillent bien, même avec leurs vieilles cotes de bibliothèque, et l’anecdote de l’histoire des voyages est plus pittoresque qu’alarmante ! Toutes les grandes institutions, même la bibliothèque du Congrès, traînent ce genre de problème. Et les fiches de « Géographie » de la CIA ont parfois quelque chose des introductions du « Guide du routard ». Et, après bien des années, de bons géographes écrivent désormais dans Géo.

Passons sur la diatribe anti-Sciences Po. (Paris, précision pas inutile). Et puis il faudrait choisir : ou bien Sylvie Brunel pense qu’il est souhaitable d’y rentrer, même si c’est pour apprendre à pipeauter, et donc de ne plus apprendre le Latin plutôt que la Géographie, ou bien il faut se féliciter que la rue Saint-Guillaume, fière d’être un ramassis de métèques incultes (dehors les étrangers !?) évoluant dans l’apesanteur du vide intellectuel, recale de brillants khâgneux trop pétris d’humanités ! Pierre George, pétri de Latin, de Grec, de marxisme et de Géographie hautement enseignée à Sciences Po., apprécierait l’alternative

Alors la Géographie se meure quand et parce que le Latin triomphe !?
Mais n’est-ce pas se tromper d’ennemis et prendre les moulins à vent pour les géants belliqueux, poser de faux problèmes ? Et à faire de l’anti-latinolobbysme, ne s’expose-t-on pas au même soupçon d’appel au lobbying, armé qui plus est !

Que l’on déplore les insuffisances de la présence, de l’enseignement, de la Géographie, à l’IEP, dans les grands concours, dans la formation des décideurs... pourquoi pas, et pourquoi pas à juste titre ? Mais cela est, aussi, une antienne, une incantation, un discours de victimisation, un syndrome de la forteresse assiégée, qui n’a de vertu supposée, et d’effets concrets (si j’en crois les mails admiratifs et invitant à la diffusion du texte en question), que de rassurer les assiégés : « Enfin des paroles de chefs ! », et de faire doucement rigoler les assiégeants supposés, voire les effectifs pourfendeurs d’une discipline qui ne serait plus capable que d’appeler à la levée en masse. A quand la National Geographers Rifflers Association, à quand le Volk Sturm des géographes !?

Allons, Sylvie Brunel, trêve d’indignation vertueuse, et nous n’avons pas, à ce point, besoin d’ennemis pour exister ! Travaillons, donnons- nous de la peine, et nous fabriquerons, largement, de la Géographie non paranoïaque, des géographes sérieux, y compris ceux que demandent et emploient institutions, organisations, scientifiques, médiatiques, éditoriales, politiques, internationales.... les exemples en sont multiples. Et si tout ne va pas aussi bien que souhaitable, à quoi sert de sonner l’alarme avec d’aussi piètres arguments ?

Car le plus mauvais tocsin, en l’occurrence, me semble cette responsabilité supposée des latinistes dans nos malheurs ! C’est leur prêter bien du crédit et de la puissance !

Et surtout : Quand toutes les sciences parlent grec et latin depuis qu’elles existent jusqu’à aujourd’hui, quand une radio libre berlinoise décide d’émettre en latin pendant trois heures (le latin est la seconde langue apprise par les jeunes allemands derrière l’anglais ! quel acte de décès !), quand les profs sincères (et pas les Bégaudeau malades et démagogues qui inspirent des cinéastes naïfs) s’appliquent à reconnaître la nécessité d’ancrer la culture, qu’elle soit littéraire, artistique ou scientifique, dans une langue maîtrisée, outil de savoir et d’action, faut-il à ce point frôler le rididicule en invectivant une « langue morte depuis deux mille ans » ?

Que je sache, de Vidal à Gourou, de Humboldt à Peter Gould, de Reclus à Pinchemel, de Julien Gracq à Sautter, il ne me semble pas que la Géographie ait souffert d’être pratiquée par des hommes pétris d’Humanités, latinistes, hellénistes, et qui n’ont jamais incriminé le « ringardisme » de leurs études latines et grecques dans l’avancement de leurs travaux éminemment modernes ! Et l’on pourrait aller voir du côté de Pierre Gilles de Genne, de Lévy-Strauss, ou de Braudel pour sortir un peu du cercle assiégé ! Et qui dira que Jean Pierre Vernant ou Pierre Vidal Naquet sont et furent des fossiles d’une mer morte ? Sinon les ignorants et /ou ceux qui veulent réserver le savoir, les savoirs, aux élites sociales et à leur progéniture préservée.

Les langues anciennes, vecteurs d’outillage linguistique contemporain et d’apprentissage des civilisations, émancipent bien plus qu’une pseudo-modernité ignorante de ses bases que les « scientistes » réclament de leurs voeux ; elles sont tout sauf contradictoires avec un enseignement du monde contemporain.

En réalité, on trouve souvent, derrière le discours anti-Humanités, des utilitaristes du marché, de farouches partisans de l’élitisme le plus social, de bons élèves brûlant la classe dont ils sont sortis. Pourquoi vouloir, ou risquer, se trouver en aussi mauvaise compagnie ?

Au mieux, on trouve, je trouve, dans cette stigmatisation du Latin ou du Grec, un oubli expéditif, au nom d’un corporatisme vertueusement ( ?) propriétaire auto-proclamé des enjeux planétaires, de ceci : L’humain cultivé, l’honnête homme, le citoyen (tant athénien, que romain, que français et européen) se fabrique d’ouverture et non de fulminations, de curiosité et non d’invectives, d’horizons et non de murs murant les disciplines. Là encore, Sylvie Brunel ne peut raisonnablement vouloir cultiver ce terrain infertile. Elle risquerait de s’y trouver avec d’autres contempteurs, ceux de la Géographie, antiquisants ou non, bien plus acharnés qu’elle à défendre piètrement petits prés carrés, petits services, ou à justifier des économies de bouts de chandelle au nom de grandes valeurs, des « fondamentaux ».

Pas la peine d’en appeler aux armes (elles seraient bien piètres ! quels pistolets à bouchons nous proposent les géographes combattants s’ils pensent que la Géographie seule contre le Latin nous sauvera de l’imbécillité manipulée et manipulante) pour rappeler les besoins de rigueur et de culture dans le difficile démenti des sottises ambiantes sur les effets du changement climatique ou le poumon de la planète.

C’est se tromper de cible, tirer sur des ambulances ou des lampistes et risquer de n’être entendu que par le petit cercle, de faire sourire avec condescendance ceux qui se passent très bien de vous, de nous. Ceux-ci verront trop que de tels propos s’alimentent (ou alimentent) des guerres picrocholines entre quelques géographes assiégés, ou préférant reporter les responsabilités de leurs malheurs sur les forces du mal antiquisant, et quelques antiquistes aussi caractériels qu’inoffensifs.

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Re: Aux armes, géographes !

Messagede argonaute » Mercredi 8 Octobre 2008 11:08

lalouly a écrit:
argonaute a écrit: Expliquer "la marche du monde", l'histoire, la sociologie, les relations internationales, les climatologues, les experts en forages pétroliers, les spécialistes d'économie boursière, les démographes et j'en passe le font tout autant.


Avec ton message, on pourrait faire un débat sur la géographie, mais là je pense que ça risque de finir mal. De toute façon, on est en minorité ici comme partout ailleurs, c'est bien le problème de la géo....
Mais juste pour info Argonaute,la géo, c'est ce que tu as cité plus haut analysé dans son ensemble : parce que tu vois faire de la climato, ou de l'économie ou encore de la démographie sans mettre en interaction ces différentes sciences et bien non, ce n'est pas comprendre la marche du monde mais simplement un aspect de celui-ci. Un bon géographe, c'est quelqu'un qui est capable de faire l'ensemble des ces sciences et de les voir dans leurs interactions. Alors oui, on n'est spécialiste de rien, mais des généralistes et du coup c'est pas facile de s'imposer....Mais je suis d'accord avec Sylvie Brunel (pour une fois) la géo est la science qui permet de comprendre le mieux la marche du monde (sous entendu dans tous ces aspects...)

Merci pour ta réponse. J'ai des moments de doute, pourtant j'aime beaucoup enseigner cette matière en seconde (les thèmes sont intéressants et toujours en rapport avec l'actualité), un peu moins en terminale (telle que je l'enseigne, je la trouve trop descriptive et pas assez explicative), pas du tout en première (la France et les régions françaises, je n'accroche pas). Là où les élèves accrochent le plus, c'est quand vient le moment d'expliquer les phénomènes localisés; seulement il faut passer au préalable par une phase de description, nettement moins sexy, comme ce matin en seconde où j'ai passé en revue quelques exemples d'inégalités de développement dans le monde et quelques critères pour les mesurer; demain devrait être plus intéressant puisqu'on va réfléchir sur les raisons de ces inégalités.
Je viens de découvrir ce blog de collègues britanniques: http://givegeographyitsplace.blogspot.com/
En Grande-Bretagne, histoire et géographie sont séparées et deviennent à un moment donné du cursus (je ne sais plus à quelle niveau scolaire) optionnelles: chacune essaie de vanter ses mérites, son intérêt; peut-être allons-nous vers cela?
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede lalouly » Mercredi 8 Octobre 2008 21:40

Le problème Michel, c'est que même si tu ne détestes pas la géo (et moi l'histoire, je le précise quand même...) tu es historien, c'est ça que tu fais le mieux et c'est normal. Et donc, la géographie, tu ne l'a fait pas aussi bien que l'histoire, et encore une fois c'est normal (et j'en profite pour dire que s'ils nous collent des profs bivalents à tout bout de champs, ça ne va pas arranger les choses...)
Et si dans l'éducation nationale, la proportion d'historiens et de géographes enseignants était de 50/50, nous ne nous sentirions pas toujours obligé de nous "défendre". Mais par exemple à Bordeaux en PLC 2 cette année, il y 32 profs stagiaires dont .....3 géographes!!!! même pas 10%, ça devient catastrophique quand même à ce niveau-là...
Alors bien sûr, je pense que le mieux serait d'avoir des profs d'histoire et des profs de géo (en prépa, c'est comme ça et dans certains grands lycées aussi d'ailleurs) et là ça pose d'autres problèmes.
Parce que si demain, on dit, on fait deux capes, deux enseignants, deux disciplines...604 postes au capes d'histoire géo en 2008...Et demain? 300 au capes d'histoire et 300 au capes de géo ?
Sauf que vous savez bien que la quantité d'étudiants en histoire et bien plus importants qu'en géo, et les débouchés moins nombreux....résultats, jamais les profs d'histoire n'accepteront que le capes soit scindé en deux (de toute façon, ce n'est pas dans la logique actuelle....)
Sauf que pour moi la spirale ne s'arrêtera jamais : 80 à 90 % de profs historiens....donc de meilleurs cours d'histoire que de géo dans le secondaire, donc plus d'étudiants en histoire qu'en géo, plus de candidats historiens au capes, plus de profs historiens.....
Donc, la critique de Sylvie Brunel, n'est peut-être pas constructive, n'est peut-être pas pertinente....D'ailleurs, elle ne soulève pas la question de l'enseignement de l'histoire-géo (et je sais que je dévie avec ce post), mais si les géographes ont tendance à réagir passionnément à cet appel, c'est parce qu'il y a un réel malaise dans notre corps : nous ne sommes pas reconnu comme des professionnels d'une science (tu dis que tu es historien, ou économiste, les gens comprennent ce que ça veut dire,et te reconnaisse comme tel, géographe....c'est pas gagné), nous ne sommes pas reconnu comme enseignant car dans le couple histoire-géo, plus que minoritaire, nous nous faisons écrasés.
Alors, "aux armes géographes", ça veut aussi dire "nous sommes géographes et nous voulons exister, être reconnus, on va vous montrer que la géo c'est bien, ça sert à quelque chose, et c'est même plus pertinent et plus intéressant que certains sciences ou langues même si elles ont acquis leurs titres de noblesse depuis fort longtemps.... "
Moi je suis géographe et fière de l'être....
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede Dolcino » Jeudi 9 Octobre 2008 00:22

Avec ce débat je fini par perdre mon Latin :lol: (J'en ai fait en 4e et 3e mais bon je ne suis pas allé plus loin.....)

Petite remarque s'il y a plus d'historiens que de géographes dans l'éducation en histoire-géographie c'est que les diplomés en géographie ont plus de débouchés que ceux d'histoire qui n'ont génralement que celui de l'enseignement (pas que ça certes mais souvent). Les rares diplomés de géographie qui choisissent l'enseignement le font souvant par vocation ....

MAGISTER DIXIT..... SED IN VINO VERITAS :lol: :lol: :lol: :lol:
Dolcino hérétique : plusieurs fois admissibles depuis 2005 au CAPES, PLP et CPE. Ratatiné à la bataille de Châlons, de La Rochelle et de Paris mais vainqueur en 2008 à la "bataille de Poitiers". PLP Lettres-Histoire dans l'académie de Créteil depuis la rentrée 2009 (Bref en Sibérie pour les gens du Sud) (lol) .....
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede elisa » Jeudi 9 Octobre 2008 10:01

Allez, lalouly, si cela peut te remonter le moral, je suis géographe et il m'arrive même d'en rencontrer parfois parmi mes collègues :lol:
Mais c'est vrai que je me sens souvent en décalage, à titre d'exemple, mes secondes redoublants hallucinent quand je leur demande de travailler sur le croquis en module : ils me disent qu'ils n'en ont jamais fait l'année dernière...
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede Dolcino » Vendredi 10 Octobre 2008 21:01

elisa a écrit:Allez, lalouly, si cela peut te remonter le moral, je suis géographe et il m'arrive même d'en rencontrer parfois parmi mes collègues :lol:
Mais c'est vrai que je me sens souvent en décalage, à titre d'exemple, mes secondes redoublants hallucinent quand je leur demande de travailler sur le croquis en module : ils me disent qu'ils n'en ont jamais fait l'année dernière...


Ont-il fait au moins de la géographie ? :shock:
Dans un établissement où j'ai effectué un remplacement un vieux prof de histoire-géographie avait fait à ses élèves de 5e que décalquer les cartes de l'Afrique. Le collège lui avait confié que des classes de 3e et 4e mais surtout pas des 3e. Depuis ce prof (souvant absent et fort heureusement remplacé) est parti à la retraite à la grande joie de l'administration, de ses confrères et surtout de ses élèves (qui l'avait surnommé "Hitler" :? ce qui en dit long). Heureusement que ces genres de prof à dégouter les élèves de la géographie et de l'histoire sont des espèces en voie de disparition. 8)
Dolcino hérétique : plusieurs fois admissibles depuis 2005 au CAPES, PLP et CPE. Ratatiné à la bataille de Châlons, de La Rochelle et de Paris mais vainqueur en 2008 à la "bataille de Poitiers". PLP Lettres-Histoire dans l'académie de Créteil depuis la rentrée 2009 (Bref en Sibérie pour les gens du Sud) (lol) .....
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Re: Aux armes, géographes !

Messagede elisa » Vendredi 10 Octobre 2008 21:44

En Première (et en Terminale d'ailleurs), j'avais en Histoire-Géo un professeur agrégé d'Histoire qui expédiait la Géographie en nous disant (texto) "fait ch***, la géo..."; cela ne m'a pas pour autant dégoûtée de la Géographie, la preuve ! :lol:
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